Un Corps Invaincu

uncorpsinvaincuPhoto prise aujourd’hui à J+7. On s’accordera pour dire que les soutifs d’allaitement c’est pas toujours Coppacabana, but who cares? (Ensemble en coton bio Peau-Ethique)

“Aucun autre organe ne peut s’apparenter à l’utérus. Si les hommes avaient un organe comme celui-ci, ils s’en vanteraient. Et c’est d’ailleurs ce que nous devrions faire.”

Ina May Gaskin (aka la sage-femme la plus célèbre au monde).


 

Nous sommes en début d’année alors je tenais à vous exprimer mes vœux les plus sincères pour cette nouvelle page qui s’ouvre devant nous.

Puissiez-vous faire de 2016 votre terrain de jeu, ne subissez rien. Faites une clef de bras à la vie et lâchez pas. Aimez-vous, aimons-nous. Je nous souhaite de ne plus avoir peur.

Pour ma part 2016 démarre en fanfare : Cela fait une semaine que je ne suis plus enceinte.

Pour la deuxième fois nous avons mis au monde une merveilleuse petite personne qui transformera à jamais notre existence.

L’expérience de la naissance marque un moment d’une intensité hors du commun, un champ de bataille qui mobilise toutes nos fonctions physiologiques et notre cerveau primitif, le siège de nos instincts qui ressent mais ne rationalise pas.

Accepter le corps rompu, de sentir son giron traversé par des rafales, cet inconfort extrême qui est pourtant notre allié et travaille de concert avec nous pour conduire l’hôte aimé de la matrice vers la lumière.
Plier sous les secousses mais se dire que ça ne durera pas, que ces sensations intenses ont une utilité et un sens…
Je ne suis pas morte au combat, j’y suis née, à nouveau.

La résilience du corps féminin est fascinante. Cette machinerie si complexe mais pourtant si docile, qui l’espace de 9 mois fera office d’incubateur, se verra étirée, lestée, pompée, puis contractée, écartelée, pour finir expurgée, éreintée mais jamais vaincue.

Je ne me suis jamais senti aussi forte, aussi puissante qu’en ce moment. Puissante parce que mon corps a su faire. Indépendante et auto-suffisante, avec ses 10 kilos de bagages excédentaires sur mes hanches et sur mes cuisses qui serviront à nourrir ma progéniture aussi longtemps qu’elle en aura besoin.
Invaincue parce que j’ai su traverser, cette fois-ci en pleine conscience cette expérience quasi-mystique.

Bordel, j’ai poussé une âme hors de mon corps.

J’ai été broyée par des vagues plus grandes que moi pour la présenter au monde. Je me sens comme cet os qui pour se remettre de sa fracture, se couvre de callosités et s’en trouve plus fort que jamais.

J’ai parfois cru me noyer, j’ai perdu pied chaque fois que j’essayais de penser au lieu de laisser faire. Le cerveau discursif n’a pas sa place dans ces moments là, alors j’ai tenté de lâcher prise, du mieux que j’ai pu, même lorsque l’environnement n’était plus favorable, et que jai été expropriée de ma bulle en quittant au dernier moment le confort apaisant de mon foyer.

Je me sens comblée, exaltée, excitée par la perspective de cette vie à 4 et l’envie de faire toujours mieux, de devenir quelqu’un de meilleur, pour moi, pour mes enfants, et pour les Autres.

Mon corps pleure littéralement le vide, mais mon cœur n’est qu’allégresse.
Je vois maintenant la grâce.
J’entends la mélopée d’une vie toute neuve.
Je sens son étreinte sur mon sein.
Je connais le goût des larmes de joie.

Mes sens sont repus.

Tout est à sa place.

 

EXPANSION

expansionJe n’ai jamais été une grande posteuse, ces derniers mois encore moins. Mais j’avais une bonne excuse…

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Robe Asos

Manchette et collier Made

Boots  Dr Martens 1460 Vegan_MG_5472

Tarte Automnale à la Courge Butternut

_MG_5264Back in tracks avec une petite tarte de saison réalisée il y a… pfiooooou une éternité (février ?) !

La star du jour ? Une courge butternut bio offerte par ma maman qui en guise de bonjour me tend souvent des bras pleins de merveilleuses choses à manger, des aliments simples et naturels pour faire le plein d’énergie. Offrir de la nourriture brute, saine, pour vivifier les gens qu’on aime… peut-on faire preuve d’une attention plus délicate? Partager cette matière brute vectrice de vitalité c’est contribuer au bien être des gens qui nous sont chers, c’est offrir la vie. Que ce soit de la courge, du chou romanesco (oui on m’a déjà offert ça), du cacao cru, ou encore de délicieux avocats fraichement ramenés du Cameroun, je trouve ça hyper beau ! Et bien sûr l’analogie de ces petits morceaux de vie offerts prend encore plus de sens quand c’est Maman qui régale (parce que donner la vie toussa toussa).

Pour en revenir au sujet qui nous intéresse, le temps ayant fait son oeuvre, je n’ai malheureusement pas des souvenirs très exacts quant à la recette de cette tarte, j’y vais au feeling 90% du temps. Qu’à cela ne tienne ! Je vais m’appuyer sur ce que je fais habituellement dans le genre :

Pour l’appareil 

 la chair d’une demi courge butternut le jus d’1/2 citron

 2 petites pommes golden environ 200ml de crème liquide d’amande

4 c à s de fécule de maïs 4 c à s de Rapadura ou Moscavado (sucre de canne complet)

 arôme naturel de vanille ou les grains d’une gousse (j’utilise l’extrait aromatique biologique d’Aromazone) graines de sésame noir

Pour la pâte

200 grammes de farine de petit épeautre + 50 grammes de flocons d’avoine moulus (ou l’inverse; incertitude et confusion)

2 cuillères à café de graines de lin dorées moulues (en règle générale j’évite formellement la cuisson de ces petites choses bourrées d’omega 3, la cuisson neutralise les composés cyanogènes toxiques des graines fraiches et c’est chouette, mais également les acides gras polyinsaturés #snif. Alors voilà je m’octroie quelques passe-droit en leur confiant ici une mission purement fonctionnelle : faire office de liant !)

1 belle cuillerée à soupe de purée d’amande complète 4 cuillères à soupe de Rapadura

60 ml d’huile d’olive douce cannelle cannelle cannelle cannelle cannelle cannelle, c’est suave, ça a du piquant, ça réchauffe et c’est tellemeeeeeent bon pour l’équilibre de notre être tout entier ! J’ADORE LA CANNELLE 

  le zeste de notre citron 4 tours de moulin de sel rose de l’Himalaya (mes plus plates excuses pour l’unité de mesure cheloue, on fait comme on peut)

Je ne sale quasiment pas ma nourriture mais le cas échéant je n’utilise que des sels complets, bruts et non raffinés, sans anti-agglomérants (E530, E535…). Du sel rose de l’Himalaya pour son « piquant », son fer, ses minéraux et oligoéléments mais aussi du sel noir d’Hawaï riche en charbon activé, du brut de Guérande pour les biscuits …

 eau

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PREPARATION

  1. Débiter la butternut en petits cubes ainsi que les pommes, arroser avec le jus de citron.
  2. Cuire à la vapeur (ou faire revenir) jusqu’à obtention d’une texture « compotée ».
  3. Mélanger à froid la crème liquide d’amande et la fécule.
  4. Ajouter le reste des ingrédients composant la garniture et faire réduire une quinzaine de minutes à feu moyen en remuant régulièrement. Mixer si besoin et réserver.
  5. Dans un saladier mélanger à la spatule la « farine » ainsi que les autres ingrédients
  6. Sabler à la main, ajouter l’eau (environ 60ml) et pétrir jusqu’à obtention d’une belle boule de pâte.
  7. Réserver au frais ½ heure au moins sous un torchon
  8. Abaisser la pâte et étaler dans un moule chemisé
  9. Piquer et faire cuire à blanc une dizaine de minutes dans un four préchauffé à 180°C (j’utilise des pois chiches en guise de billes de cuisson)
  10. Garnir, saupoudrer de graines de sésame noir et enfourner à nouveau une dizaine de minutes

Kiffer jusqu’à la dernière miette.Voilà._MG_5249

YOGA

_MG_5312Cela fait des lustres que j’ai cet article dans les cartons. Envie de vous causer de mon rapport au yoga, de ma manière de l’envisager et de le vivre. J’ai mis un peu de temps parce que finalement, à l’opposé des représentations habituelles (parfois grand-guignolesques), ici on cause avec l’intime.

Ce billet ne prétend pas être un essai, encore moins un guide. C’est une espèce de mille-feuilles de ressentis qui touche à différents aspects du Yoga, une petite incursion dans ma pratique et mes perceptions personnelles. Il n’a donc aucune vocation didactique ou pédagogique et je ne prétends pas à l’exhaustivité (je n’ai aucune qualification en ce sens de toute façon). Le yoga représente d’ailleurs un champs d’étude si complexe et si vaste qu’il est très difficile d’éviter les approximations. L’on peut le pratiquer en profondeur mais lorsqu’on en vient aux mots, à peine peut-on en effleurer l’essence. En conséquence de quoi, ce billet risque d’être bien trop long… tout en étant dramatiquement parcellaire! J’en suis navrée par avance.

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YOGA, KEZACO?

 Le terme “Yoga” vient du sanskrit et signifie (ré)Unir. Le yoga tel qu’on le connaît aujourd’hui puise ses racines en Inde, au sein des populations dravidiennes. C’est une philosophie millénaire qui utilise le corps comme médium afin d’optimiser les fonctions organiques et libérer l’esprit de ses entraves. Néanmoins, de nombreux éléments attestent de la pratique d’une discipline similaire au cœur de l’Egypte Antique. Si l’on s’attarde sur l’iconographie, l’on trouvera de nombreuses similitudes entre certains idéogrammes et bas-reliefs d’Egypte Ancienne et les représentations et principes propres à la tradition yogique. Cependant, la forme de yoga la plus populaire en Occident, le Hatha Yoga (« yoga de l’effort ») a été théorisée par Yogi Svātmārāma au Xvème siècle.

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Pour synthétiser, le yoga entend équilibrer la polarité des énergies du corps, réunifier la vie incorporelle de l’être humain par le biais de la méditation, de postures spécifiques appellées “asanas”, ou encore de respiration, “pranayama” en sanskrit. C’est une quête de réconciliation du psychique et du somatique, trop souvent considérés comme entités indépendantes l’une de l’autre. Or le corps a une influence sur l’esprit et l’esprit a une influence sur le corps. Selon le yoga, cette réunification passe entre autre par l’équilibre des chakras. Les 7 chakras y représentent des centres énergétiques portant les noms de différents éléments terrestres. Ces éléments sont mis en lien avec certaines parties du corps qui sont elles-mêmes rattachées à des fonctions ou qualités spécifiques. Ce sont ces centres énergétiques que l’on retrouve sous différentes appélations dans la médecine traditionnelle chinoise et l’acupuncture ou en médecine ayurvédique par exemple.

Bien qu’il représente une véritable activité physique et un formidable moyen d’optimiser sa santé, le yoga n’est pas un “sport”. Il n’empêche que pratiquer régulièrement permet de tonifier les muscles, stimuler le coeur et la circulation sanguine. Ca détend, draine, expurge, masse les organes, les tendons, les viscères… C’est pas la panacée certes, mais c’est un allié de taille dans une quête de bien-être global._MG_5338

LES HUIT PILIERS

 Il y a de cela plus de 2000 ans, l’érudit Indien Patanjali décrivait dans son Yoga Sutrâ une série d’aphorismes qui codifient la science du Yoga. Les Huit Piliers du Yoga sont des principes moraux sensés ouvrir la voie d’une vie authentique. Je ne les détaillerai pas tous ici mais chaque pilier se décline en différentes vertus. Yama, le premier pilier porte sur l’éthique et les règles morales. L’on y trouvera le précepte d’Ahimsâ (la non violence), de Satya (la vérité), d’Asteya (l’honnêteté) ou encore d’Aparigrahâ (la non avarice). Niyama le deuxième pilier traite de l’autodiscipline (hygiène mentale et corporelle, contentement, ascèse et enrichissement perpétuel de l’intellect). Quant au troisième et quatrième principes, Asana (la pratique posturale) et Pranayama (les techniques respiratoires), elles forment le socle du Hatha Yoga.

Les textes traditionnels nous enjoignent à juguler nos bas instincts, à modérer nos passions et possessions au profit du développement de l’intellect et de notre conscience supérieure. Ils invitent à désencombrer l’esprit mais aussi le corps en les délestant tout deux de nourritures superflues ou néfastes. C’est une forme d’ascèse libre que chacun-e adapte à l’envie.

Ce ne sont pas des dogmes, mais des pistes pour une vie plus harmonieuse. Il n’y a pas de dogmes ou de croyances imposées sur la voie du yoga. Beaucoup de ces principes de vie relèvent finalement du bon sens et sont un moyen d’être une source de nuisance minimale pour soi mais aussi pour les autres. Ne pas se disperser, éviter de gaspiller de l’énergie dans des relations stériles et dévitalisantes, reconsidérer la nourriture comme une source de carburant utilisée avec mesure et choisie avec soin (avec mesure: le plus difficile pour moi et mon coup de fourchette légendaire), conserver une soif d’apprendre intacte, respecter la Nature et ne pas porter atteinte aux êtres sentients qui l’habitent, qu’ils soient humains ou non-humains sont des intentions nobles qui tendent vers un idéal qui est le mien.

(Cliquer pour faire défiler les photos)

 POUR QUI ?

 En dépit de la très majoritaire mise en avant de corps féminins blancs, jeunes et minces, le yoga est fait pour tout le monde. Contrairement à ce qu’un tour sur Instagram pourrait laisser penser, le yoga du mouvement s’adresse à toutes les morphologies, à tous les âges, à tous les genres, à toutes les ethnies. Il suffit d’un cœur, d’un esprit et d’un souffle pour en apprécier les bienfaits. Pour ce qui est du reste, tous les aménagements sont possibles. La voie du yoga, est celle de l’introspection et de l’anti-performance.

 

“True yoga is not about the shape of your body,

but the shape of your life.

Yoga is not to be performed; yoga is to be lived.

Yoga doesn’t care about what you have been;

yoga cares about the person you are becoming.

Yoga is designed for a vast and profound purpose,

and for it to be truly called yoga,

its essence must be embodied.”–Aadil Palkhivala*

 

SOINS ET BIEN-ÊTRE

 Comme nous l’avons vu plus haut le yoga est un mode de vie. Originellement, il ne se limite pas au contour d’un tapis mais couvre tous les aspects de la vie quotidienne. En lien avec l’Ayurveda (la médecine traditionnelle indienne), il prône une approche holistique des problématiques liées à l’hygiène et au bien-être. Le corps y est envisagé comme un temple mobile, un outil d’émancipation qui mérite d’être traité avec attention. Qui dit Corps-Temple dit soins dédiés, les plus sains, naturels et éthiques possibles. En découle en plus des soins courants, une série de pratiques d’hygiène documentées dans ce qu’on appelle « les Kryas ». Les Kryias sont des techniques de prévention des maux à travers le nettoyage et la purification de l’organisme. La purification opérée sur le corps se répercute sur l’esprit par capillarité. Il en résulte un sentiment de légèreté et de bien-être global. Pour citer quelques unes de ces pratiques l’on trouve le Neti (nettoyage et drainage des fosses nasales à l’aide d’un petit « arrosoir » appelé Neti), le Dhauti qui consiste à racler la langue avec un petit grattoir adapté. Cela afin d’éviter la libération des bactéries dans l’organisme via l’arrière gorge, bactéries à l’origines de désagréments divers (halitose, affaiblissement du système immunitaire…) Il existe des méthodes de nettoyages plus complexes voir « extrêmes » (bien que je n’aime pas ce mot terriblement partial) à réserver aux initiés. Ces techniques de purification avancées nécessitent un savoir-faire spécifique. L’on trouvera à titre d’exemple Nauli censé drainer les viscères, Basti pour ce qui est du colon ou encore Dhauti appliqué au nettoyage de l’estomac (du très lourd en terme de mise en œuvre !).

 BENEFICES POUR LE CORPS (POUR LES ADEPTES DU « UN CORPS SAIN… POUR UN ESPRIT QUI S’EN FOUT DU RESTE »)

 Je plaisante et je titille mais bien évidemment, le yoga postural (Hatha Yoga qui signifie”yoga de la vigueur et de l’union des contraires”) peut être pratiqué dans l’unique but d’entretenir sa forme physique et sa souplesse. C’est un formidable moyen pour améliorer son tonus musculaire, se détendre et dénouer les tensions qui nous assomment au quotidien. C’est d’ailleurs majoritairement de cette façon qu’il s’est popularisé en occident. Les innombrables postures, torsions et techniques de respiration génèrent un massage en profondeur qui ne se limite pas qu’aux muscles mais bénéficie également aux organes internes qui se retrouvent ainsi drainés, tonifiés et stimulés dans leur ensemble.

En revanche, même si l’on ne partage pas les préoccupations spirituelles qui ont vu naître cet art de vivre ancestral, qu’on n’a pas envie de faire des OM et d’écouter des chants dévotionnels, il est toujours plus intéressant de savoir dans quel contexte s’inscrit cette philosophie. Autrement, l’on a vite fait de tomber dans une forme de caricature désincarnée. Il n’y a rien de mal à ne vouloir expérimenter le yoga qu’à travers son aspect somatique. Le yoga regorge de bienfaits pour le corps. En revanche, savoir qu’il ne se limite pas qu’à cet aspect purement corporel permet de voir plus grand et d’ouvrir ses perspectives sur et en dehors de son tapis. Si l’on veut s’épanouir dans une pratique cohérente qui touche à l’emprunt et non à la réduction ethnocentrée, il est intéressant d’avoir quelque éclairage sur les racines de cette philosophie. L’on peut vivre sa propre expérience tout en traitant avec déférence les ancrages traditionnels initiaux qui vont au delà de nos restrictions choisies. Le RESPECT, voilà ce qui fait toute la différence entre l’adaptation et la dénaturation, entre l’échange culturel ou l’appropriation culturelle._MG_5293

 YOGA, UNE RELIGION ?

 Bien que le yoga ne s’apparente pas à une “religion”, il s’inscrit originellement dans un ancrage spirituel très fort. Il est par ailleurs fortement marqué par la théosophie, une conception spirituelle héritée des traditions religieuses indiennes qui se veut œuvrer pour la révélation des pleins potentiels de l’être humain. Le yoga et nombre de ses concepts découlent de la tradition hindoue avec laquelle il est historiquement lié. Il demeure d’ailleurs une interconnexion très forte avec les autres courants philosophiques ou religions dharmiques (un ensemble de religions originaires de l’Asie du Sud), notamment le bouddhisme avec lequel le yoga partage plusieurs de ses concepts (l’Ahimsa, la non violence par exemple). L’on retrouvera également des pratiques telles que la récitation de mantra, ces syllabes ou mots scandés à des fins méditatives, dans le but de faire circuler l’énergie par l’intermédiaire des vibrations émises, ou encore pour faire germer dans le subconscient les conditions mentales nécessaires à la réalisation d’un souhait, d’une intention particulière (apaisement, éveil, amour universel…).

Le yoga est un instrument qui s’adapte et s’accommode. Il cohabite d’ailleurs en toute harmonie avec mon syncrétisme personnel et mes croyances non normées ou se côtoient ancêtres tutellaires, spiritualité africaine traditionnelle (antérieure aux colonisations), méditation bouddhiste, unité de tous les êtres vivants, vie antérieure… et peur des clowns (muahahahah).

 VOUS AVEZ DIT SPIRITUALITÉ ?

 Le yoga est sans conteste une discipline fortement spirituelle. Mais pas de panique, “spirituel” ce n’est pas un gros mot, encore moins un truc de fada. La spiritualité relève de l’observation individuelle, de la découverte et de la mise en place de stratégies visant à améliorer notre vécu et notre gestion des phénomènes psychiques et incorporels qui régissent notre quotidien. L’on peut très bien expérimenter une spiritualité laïque, tout comme l’on peut pratiquer une religion sans y mettre une once de spiritualité. La spiritualité n’est pas dogmatique. Elle est fondamentalement non-prosélyte, ni révélée, elle EST.

Mais pour les terre-à-terre radicaux qui souhaitent se détendre, améliorer posture, flexibilité et se muscler en profondeur sans cet aspect spirituel, le pilates peut être la solution!_MG_5339

 YOGA ET OCCIDENT

 Au départ popularisé en Occident par des Guru (maître) indiens, via un élan de partage basé sur la perméabilité des civilisations et l’échange culturel, le yoga n’a pas échappé à ce travers de l’Ouest qu’est l’appropriation culturelle. Une tendance qui consiste à exercer une force phagocitaire sur un ou plusieurs éléments d’une culture non-occidentale pour se l’approprier tout en faisant fi de son socle traditionnel. Ces éléments une fois isolés et expurgés de leur vocation initiale, se transforment bien souvent en succédané de folklore au service de l’ego et/ou de la performance. Là où l’échange aménage et adapte si besoin, l’appropriation ré-interprète, gomme la source et parfois même s’exprime à contre courant du flux initial.

Cette vidéo satirique intitulée “ If Ghandi Took a Yoga Class ” (Si Ghandi Assistait à Un Cours de Yoga) illustre avec humour ce phénomène d’appropriation culturelle dans la manière dont le yoga est appréhendé en Occident. A sa publication, une jeune femme d’origine indienne commentait en ce sens:

 “I’ve felt this many times…misappropriation is sometimes best seen in this country in a yoga class. And yes it is part of an actual religion folks that many of us practice. So well done in capturing the frustration with comedy!”  J’ai ressenti ça tellement de fois… Le cours de yoga est souvent un champ d’expression de premier choix pour l’appropriation culturelle dans ce pays. Eh oui les gars, le yoga fait partie intégrante d’une religion que beaucoup d’entre nous indien-ne-s pratiquons. Alors bien joué d’avoir su imager cette frustration par le biais d’un sketch.

Dans le cas du yoga cette appropriation est intégrée depuis longtemps et beaucoup considèrent le yoga comme une activité ayant un socle civilisationnel occidental. L’échange culturel à la différence de l’expropriation culturelle a pour point d’orgue la reconnaissance et le respect. L’on se demandera à juste titre ou se situent ces éléments dans YOGA, le clip très plébiscité de Janelle Monàe (que j’aime beaucoup au demeurant, elle pas la vidéo).

Parce que si l’on s’en tient à ce qui a été dit précédemment, dans le genre je fais pipi sur ta culture, je la vide de tous son sens et je la mets en scène de façon triviale à des fins de divertissement, je crois qu’on a touché le fond. Mais bon comme c’est Janelle, qu’elle est sympa, que c’est pas la première et que ça fait longtemps que le yoga s’est retrouvé exsangue, je vais pas chipoter.

 MA PRATIQUE

 Comment j’en suis venue au yoga?

Mon premier contact avec le yoga postural s’est fait par le biais de ma mère, je me suis naturellement familiarisée avec sa pratique. Pour ce qui est du reste, ce n’est pas le yoga qui a modelé ma conception du monde, ce sont mes élans naturels et ma conception du monde qui m’ont menés au yoga.

Parmis ces élans naturels, il y a cette approche précoce de la pratique méditative. Mes premières expériences remontent à l’enfance ou je m’amusais à être « juste en vie ». Ne rien projeter, ni attentes, ni espérances m’aidait à contrôler un trouble anxieux avec pensées intrusives, un esprit en bourdonnement permanent. Il fallait être là et accepter ces pensées pour ce qu’elles étaient, de simples pensées. Ces tentatives d’apaisement sont les bourgeons de ma pratique actuelle.

Autre exemple, j’ai souvent encore aujourd’hui des lubies “d’aptitudes”. Par exemple un matin je pouvais me réveiller et avoir viscéralement envie de savoir faire le grand écart, le yoga m’a par la suite permis de comprendre que cette posture (Hanumasana) correspondait à un besoin d’ouverture. Un autre jour c’était une envie de savoir faire des pompes… Ça me prenait comme des besoins impérieux, faire sauter ces fichus verrous corporels. Mais les envies s’éteignaient aussi sec parce qu’elles n’étaient pas soutenues par une entreprise globale prenant en compte l’entièreté de ma personne :

Le geste pour le geste ça ne suffisait pas à entretenir ma motivation. La pratique du yoga est venue remédier à ça et a réinscrit mes ambitions morcelées dans un contexte global.

 Et au quotidien?

Le yoga c’est un RDV avec moi-même alors je n’ai pas envie de le rater. Je pratique suivant mon humeur, ma forme et mes problématiques du moment (Besoin de sang frais au cerveau et de faire le vide avant de rédiger un courrier important? Allez hop, une petite inversion !)Bien souvent mon petit qui pratique assidument me rejoint. En général le matin, on fait quelques salutations au soleil (Suria Namaskar). Ca me permet de me détendre, de réveiller mon corps et mon esprit en douceur et surtout d’ébrouer ces saletés d’angoisses matinales. (Le matin dans mon cerveau parfois ça donne ça: “Vie de merde – Je suis au confluent de plusieurs discriminations- Pourquoi le monde est-il si violent- Pourquoi il fait moche – Pourquoi il fait chaud? – Je vais péter ce réveil – Je vais péter ce téléphone – Bref, suis pas du matin.)

Après cette petite mise en jambe, je m’allonge sur le dos en Savasana aka la posture du cadavre. En fin de pratique, cette posture est propice à la méditation, elle permet également au cerveau d’intégrer pleinement les nouveaux acquis, et au corps de laisser se déposer en profondeur les bienfaits des postures précédemment effectuées (C’est généralement ce moment que choisit mon fils pour se mettre à hurler ses chansons préférées et tenter de marcher sur mon visage).

Après ça je suis enfin prête à m’ouvrir à l’altérité, le monde n’est plus mon ennemi. Chouette, la journée peut commencer !_MG_5346

 CE QUE LE YOGA A CHANGÉ DANS MA VIE

 J’ai une patience très limitée, l’exaspération facile, une moindre résistance au stress (euphémisme) et une forte propension à la mélancolie (alerte euphémisme bis). Dans ce contexte, la pratique du yoga m’a permit d’expérimenter des voies d’apaisement ainsi que la patience et la rigueur.

Elle m’a aidé à endiguer partiellement le climat d’agitation permanente qui règne dans ma tête. J’ai gagné en amplitude, aussi bien physiquement que mentalement. Les postures entrainent des evolutions équivalentes tant au niveau du corps que de l’esprit. Lorsque je dis « Je m’étire » j’étire mes muscles mais aussi ma conscience. Sur un tapis de yoga, on se sent parfois vulnérable, on fait l’expérience de sentiments et émotions que l’on retrouve dans notre vie quotidienne: Impatience, colère, frustration, pulsions égotiques…. Apprendre à rester stable en son corps quand l’esprit tangue met en jeu les mêmes mécanismes d’adaptation que ceux initiés par nos expériences en dehors du tapis.

Alors aujourd’hui je voudrais rendre hommage à ce formidable outil de développement global de l’individu que représente le yoga. Un outil qui m’a permis de structurer et réunifier des concepts qui pré-existaient chez moi de manière disparate. Pratiquer le yoga ne m’a imposé aucune concession mais m’a permis au contraire de consolider mon intégrité et d’établir des connections logiques entres différentes inclinations qui m’étaient naturelles. Le yoga c’est une passerelle que j’emprunte et qui se consolide à chaque fois que je vais à la rencontre de mon tapis mais pas seulement. Pour emprunter la voie du yoga, il suffit de se savoir vivant, d’expérimenter la compassion, croire en son potentiel de croissance personnelle… et c’est tout.

 

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* « Le vrai yoga ne concerne pas la forme de votre corps mais celle que vous insufflez à votre vie. Le yoga n’est pas destiné à être exécuté, le yoga est destiné à être vécu. Le yoga se soucie peu de ce que vous avez été, Le yoga se préoccupe de ce que vous devenez. Le yoga est taillé pour un usage vaste et profond, et pour qu’il puisse à juste titre être appelé yoga, son essence doit être appréciée. »_MG_5305

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