Too Black To Be Seen

tooblack   Alors, très clairement cet article n’a rien à voir avec la choucroute habituelle mais comme c’est chez moi, si aujourd’hui j’ai envie de faire de la ratatouille c’est mon droit.

Je lisais cet après-midi cet article de Slate intitulé « Etre invisible comme une femme noire en France » (et je vous conseille vivement d’en faire de même). Cet article qui a pour trame de fond la sortie du film de Céline Sciamma « Bande de filles », traite du manque de représentation positive des femmes noires dans le paysage audiovisuel français. Pour moi qui ai des velléités artistiques de différentes natures, ça a résonné comme pas possible, identification maximale. Impossible qu’il en soit autrement quand tu te présentes à une audition se disant “ouverte à tous les profils de femme” dans ta tranche d’âge … Et qu’on te recale direct en te faisant comprendre à demi-mots « qu’on ne cherche pas de noire » ou alors « une femme noire mais pas trop ». Ok les gars, j’ai compris. En gros c’est un casting ouvert à tous les possibles mais pas aux gens « comme moi ».

L’humanité serait donc une seule et indivisible masse blanche, totalement homogène.

Dans le fond qu’est ce que ça signifie ? Que cela coule de source que même lorsqu’il n’est pas mentionné un phénotype particulier vous n’êtes pas concerné, qu’avec un peu de jugeotte vous auriez dû voir l’évidence. En gros les seuls moments où on a le droit d’être noire, c’est lorsque c’est spécifié noir sur blanc dans le brief. Et 9 fois sur 10 c’est pour de la figuration/jouer des rôles de guignol/prostituée/femme mariée de force, battue, aliénée par le patriarcat tiers-mondiste (et la liste est étirable à merci). Quelque part, vous n’êtes plus considéré comme un être humain, mais renvoyé sans cesse à votre condition d’être indésirable, voué à rester dans l’ombre. Vous êtes “trop noir pour être vu”. Et cela touche toutes les formes de médias. Quand j’entends que certaines personnes tenant des blogs sur des thématiques diverses neutralisent minutieusement tous les signaux pouvant faire deviner leur appartenance ethnique, et cela de façon à ne pas générer un phénomène de rejet, je trouve ça hyper triste.  La diversité est une richesse, nos singularités ne devraient jamais être trainées tel un fardeau. Quelque soit ce que j’entreprends, je me refuse à gommer les spécificités qui sont les miennes pour plaire au plus grand nombre.

 

“Couvrez ce noir que je ne saurais voir.” #BigUpàMolière

La dernière fois sur la page Facebook de Grazia, un article sur le « twerk » citant Miley Cyrus comme étant l’instigatrice du truc. Hum, j’avale ma salive et je commence à me poser des questions. Donc en fait, même en de rares occasions, lorsqu’il est possible de mettre en lumière ou de gratifier certains groupes d’une population d’une invention quelconque on les dépossède de leur héritage culturel sans ménagement. Pas besoin de sortir de l’ENA pour savoir que ça fait des décennies qu’on secoue les fesses aux Etats Unis, personne n’a attendu Miley Cyrus. Ce sont des danses antiques, ré-interprétées et popularisées par les afro-descendants des quatre coins du monde. Qu’on soit bien d’accords, on s’en tamponne du twerk (aka booty-shake pour les vieux comme moi qui résistent). Voir des femmes totalement réifiées, réduites à la seule partie basse de leur anatomie ne m’enchante pas plus que ça.  C’est pas forcément ce que je trouve de plus élégant, ni de plus valorisant mais là n’est pas le fond du problème.(Je parle bien sûr de ce qui a été vulgarisé par les clips de rap. Là d’ou je suis originaire et plus largement en Afrique subsaharienne, on a toujours dansé avec le bassin et les fesses sans que cela ne revête une quelconque connotation licencieuse. Ce peut même être un vecteur de “libération du corps”).

Réécrire les choses d’une façon aussi grossière pour les attribuer à une idéologie dominante est profondément injuste (je pense notamment à cet article du Vogue Américain qui a fait scandale il y a peu). Parce que faire disparaître les gens parce qu’ils sont différents, ça devient un parti prit idéologique à la gloire du plus fort. C’est la marque de mépris ultime d’une société qui ne veut pas te voir, se refuse à te représenter mais se nourrit sans complexe de tes richesses. Un peu comme si demain Mireille Mathieu sortait un album en langue arabe et qu’on lui attribuait la maternité de toute la musique orientale. Si je vous parle de tout ça c’est parce que l’appropriation culturelle est intimement liée à ce phénomène d’invisibilisation. Un seul effet, différents moyens. Et cette impression permanente que les gens veulent toujours détourner les yeux du caca. « Ouais mais nooon c’est pas grave, c’est qu’un détail ». Bah si c’est grave. Ca sent pas bon, c’est moche, alors on a pas envie de mettre la tête dedans, certes. Mais nier aux minorités quelles qu’elles soient le droit d’exprimer leur ressenti face aux injustices qui les frappent l’est encore plus.

Cette impression que quels que soient tes aptitudes, tes talents, tes forces, ce qui t’anime, tu dois donner plus pour une reconnaissance moindre.

A titre d’anecdote, il m’est arrivé par le passé qu’on vienne me poser une question très précise sur un produit, sa provenance et tout le tintouin. Je réponds gentiment et par la suite, lorsque la personne publie un article basé sur les informations que JE lui ai données, non seulement elle ne revient pas me remercier, elle ne me cite pas, mais en plus elle reprend des éléments de mon texte sans me citer. La négation de cet échange initial, c’est la négation de ma personne. Alors même que cette personne passe son temps à mentionner Trucmuche et Bidulechouette pour un oui ou pour un non. Au bout d’un moment on va pas se tortiller pendant trois heures. Qu’est ce qui peut donc bien me différencier des autres à qui l’on accorde la grâce d’un merci..?

Cela peut ressembler à des pinailleries égotiques et paranoïaques, mais lorsque certains comportements sont systématisés, ils se mettent à parler par eux même, et c’est un exemple parmi tant d’autres. Ce mépris résiduel, hérité d’une autre époque,  qui laisse à penser qu’avec les « gens comme ça » on peut se permettre. Les règles élémentaires de courtoisie ne s’appliquent plus. Au final, comme pour l’appropriation culturelle, se sont exactement les mêmes mécanismes. C’est le même racisme structurel, insidieux parfois inconscient qui sous-tend ce type de comportements. On s’abreuve en silence mais on ne veut pas te faire exister aux yeux du Monde, comme si tu n’en faisais pas partie. Cela pour la simple et unique raison que tu es différent. Cette impression d’être ET spolié ET invisibilisé. La double peine.

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Tonal

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Caban Comptoir des Cotonniers, collier Made, body via Wolford, “mom jeans” Levi’s, escarpins Jonak, vernis Avril n°86 “Fondue Au Chocolat”

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Oleaster

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J’avais un peu envie de tout tellement les modèles de cet hiver sont jolis, j’ai même pensé un temps à ce modèle pour homme en édition limitée Klingande X Faguo . Mais à la fin il ne devait en rester qu’une paire alors les voici. Les Oleaster ! S’il est encore besoin de la présenter, Faguo c’est une marque éco-responsable à l’engagement sociétal fort, crée en 2002 par deux jeunes étudiants revenus de Chine avec des rêves pleins la tête. Au coeur de leur démarche ? L’envie de proposer des modèles casual dans l’air du temps, tout en compensant leurs émissions carbones. Et ça passe par des initiatives simples mais efficaces. Chez Faguo, point de sweatshop bien sûr, mais des usines qui respectent le droit du travail,  pas de sur-emballages, et un transport en bateaux. Les chaussures sont conditionnées dans des boites toutes mimi en carton recyclé qu’on nous incite gentiment à réutiliser afin d’en faire de jolis rangements.  Et pour chaque paire de chaussure ou accessoire acheté, un arbre est planté en France. Silence, ça pousse ! _MG_4820_MG_4824(Je pense qu’on s’entend tous sur le fait que l’afro post shampoing n’est pas spécialement ce qui me sied le mieux. D’ici deux jours ils iront mieux.) _MG_4822_MG_4806_MG_4830

Veste Zara, robe American Apparel, sneakers Faguo

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Les Ongles

manuVernis Kure Bazaar “Beige Milk”

  Je devais avoir 6 ans lorsque j’ai commencé à me ronger les ongles. S’en est suivi de longues années d’arrêt puis de rechutes. Au bout d’un moment, bien qu’ayant arrêté de les ronger, je me suis retrouvée avec des ongles fin, dédoublés qui ne poussaient pas et se déchiraient à la moindre occasion. Et puis voilà il y a quelques mois, gros ras le bol. Je veux des ongles. C’est inscrit dans mes codes esthétiques personnels bordel ! Sur un coup de tête je me suis rendu chez Manucurist pour m’en faire poser des faux. C’était un peu moche avec ma plaque unguéale toute bancale en forme de rampe de skate. Mais fallait bien commencer quelque part. Trois mois plus tard j’ai su que c’était bon, alors j’ai tout arraché comme un sagouin (ne faîtes pas ça, je ne saurais être tenue pour responsable). J’avais des pognes abominables, les ongles miteux, c’était pas beau à voir. A donc commencé pour moi une longue période de bichonnage à base de soins et de massage de cuticule. Je ne vais pas vous mentir, au début c’était chiant et puis au fur et à mesure que les résultats se faisaient voir j’ai commencé à y prendre goût. Aujourd’hui j’en suis plus que satisfaite. Ils pousseront sans doute tordus à vie mais c’est une grande victoire pour moi ! Fini les doigts recroquevillés pour récupérer ma monnaie, les mains dans les poches quand j’ai pas envie, et ça c’est trop la classe ! Pour me récompenser du chemin parcouru, je remplace petit à petit mes anciens vernis hyper toxiques par de nouveaux beaucoup plus respectueux de ma santé et de l’environnement. Et puis partant du principe qu’en plus d’être des perturbateurs endocriniens, les formaldéhydes, xylène, toluène et autres joyeusetés sont des cancérigènes avérés, je n’imagine même pas pour mon fils et son petit corps aux défenses encore immatures. Hors de question de lui infliger ça sachant qu’il zone toujours dans le coin au moment de ma manicure. « Oh Maman tu as l’air super occupée, j’arrive histoire de te mettre un bazar tel que tu ne l’as jamais imaginé ! » Hum Pour la mise en beauté de mes ongles j’utilise donc majoritairement les vernis Kure Bazaar et les vernis Avril (ces 2 marques bien évidemment ne testent pas sur les animaux). Kure Bazaar qui en plus de proposer des coloris à faire palir d’envie Essie propose des produits jusqu’à 85% naturels. Les vernis Avril eux, sont fabriqués en France, « 7free » (sans parabène, formaldéhyde, phtalates, toluène, xylène, colophane et sans camphre) et cela pour moins de 3 euros. Et bien sûr je les laisse cul nul de temps en temps afin qu’ils puissent prendre l’air. Primordial. En ce qui concerne le démaquillage, j’utilise le dissolvant à l’huile essentielle d’orange de Santé Naturkosmetik (peut on faire plus explicite comme nom de marque ?!). Une pure tuerie avec une formulation 100% naturelle qui pue pas le goudron et il soigne même mes cuticules! Magique. Toutes les semaines je me pimp* les mains comme des jantes de Mercedes. Mon petit rituel se décompose comme ceci : Je me lave soigneusement les mains et les ongles avec le savon surgras à l’argile blanche et au karité de Cattier (ou avec du savon noir de chez Aroma Zone mais on s’en fiche), je me gomme les mains avec de l’huile de coco  et de la poudre de rose musquée du Chili. Pour finir je les oins soigneuuuuusement avec ma crème pour les mains du moment. Lorsque j’y pense je me masse les cuticules avec de l’huile de coco toujours ou le premier baume qui me tombe sous la main (baume Mòa ou Egyptian Magic). Effet mains de velours garanti. Ce post est un message d’espoir pour tous les onychophages, vous n’êtes pas seuls. Voilà, si vous avez des astuces naturelles pour avoir les mains de Beyoncé, faîtes moi savoir ! * Pimper = Rendre plus joli, personnaliser, bichonner, comme pour les voitures. Terme emprunté de l’américain.

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