Triana

_MG_4956Ce n’est une surprise pour personne lorsque je dis que j’adooooore les bijoux fantaisie (si ils sont équitables c’est encore mieux!). A ce titre, il y a de cela quelques semaines, pour plus de cohérence je me suis mise en quête d’un revendeur français. (J’avais pour habitude de commander à l’étranger). Et là je tombe sur Socapristi, une boutique en ligne avec une sélection pointue et un engagement éthique fort !

So Capristi s’est donné pour mission de démocratiser la mode éthique et propose des bijoux de créateurs, modernes, à la pointe des tendances, et ce dans le respect des principes du commerce équitable. De quoi dépoussiérer l’image un peu vieillotte qui colle à la peau de l’artisanat responsable. Clairement, ce sont des initiatives à saluer et encourager. BIG UP ! Je porte ici les boucles d’oreilles Argent Triana d’Ombre Claire (j’ai un faible pour les formes pyramidales, mon côté illuminati LOL #pastaper).

Ombre claire, ce sont des bijoux façonnés à la main par des artisans Touareg au Niger, de jolies matières et des finitions tout en finesse. Si ça vous dit, il a y plein d’autres modèles de bijoux argent sur le site. J’en ai profité pour faire quelques photos, j’espère qu’elles vous plairont!_MG_4981_MG_4970Triana Ombre Claire_MG_4975_MG_4992

Too Black To Be Seen

tooblack   Alors, très clairement cet article n’a rien à voir avec la choucroute habituelle mais comme c’est chez moi, si aujourd’hui j’ai envie de faire de la ratatouille c’est mon droit. Je lisais cet après-midi cet article de Slate intitulé « Etre invisible comme une femme noire en France » (et je vous conseille vivement d’en faire de même). Cet article qui a pour trame de fond la sortie du film de Céline Sciamma « Bande de filles », traite du manque de représentation positive des femmes noires dans le paysage audiovisuel français. Pour moi qui ai des velléités artistiques de différentes natures, ça a résonné comme pas possible, identification maximale. Impossible qu’il en soit autrement quand tu te présentes à une audition se disant “ouverte à tous les profils de femme” dans ta tranche d’âge … Et qu’on te recale direct en te faisant comprendre à demi-mots « qu’on ne cherche pas de noire » ou alors « une femme noire mais pas trop ». Ok les gars, j’ai compris. En gros c’est un casting ouvert à tous les possibles mais pas aux gens « comme moi ».

L’humanité serait donc une seule et indivisible masse blanche, totalement homogène.

Dans le fond qu’est ce que ça signifie ? Que cela coule de source que même lorsqu’il n’est pas mentionné un phénotype particulier vous n’êtes pas concerné, qu’avec un peu de jugeotte vous auriez dû voir l’évidence. En gros les seuls moments où on a le droit d’être noire, c’est lorsque c’est spécifié noir sur blanc dans le brief. Et 9 fois sur 10 c’est pour de la figuration/jouer des rôles de guignol/prostituée/femme mariée de force, battue, aliénée par le patriarcat tiers-mondiste (et la liste est étirable à merci). Quelque part, vous n’êtes plus considéré comme un être humain, mais renvoyé sans cesse à votre condition d’être indésirable, voué à rester dans l’ombre. Vous êtes “trop noir pour être vu”. Et cela touche toutes les formes de médias. Quand j’entends que certaines personnes tenant des blogs sur des thématiques diverses neutralisent minutieusement tous les signaux pouvant faire deviner leur appartenance ethnique, et cela de façon à ne pas générer un phénomène de rejet, je trouve ça hyper triste.  La diversité est une richesse, nos singularités ne devraient jamais être trainées tel un fardeau. Quelque soit ce que j’entreprends, je me refuse à gommer les spécificités qui sont les miennes pour plaire au plus grand nombre.

“Couvrez ce noir que je ne saurais voir.” #BigUpMolière

La dernière fois sur la page Facebook de Grazia, un article sur le « twerk » citant Miley Cyrus comme étant l’instigatrice du truc. Hum, j’avale ma salive et je commence à me poser des questions. Donc en fait, même en de rares occasions, lorsqu’il est possible de mettre en lumière ou de gratifier certains groupes d’une population d’une invention quelconque on les dépossède de leur héritage culturel sans ménagement. Pas besoin de sortir de l’ENA pour savoir que ça fait des décennies qu’on secoue les fesses aux Etats Unis, personne n’a attendu Miley Cyrus. Ce sont des danses antiques, ré-interprétées et popularisées par les afro-descendants des quatre coins du monde. Qu’on soit bien d’accords, on s’en tamponne du twerk (aka booty-shake pour les vieux comme moi qui résistent). Voir des femmes totalement réifiées, réduites à la seule partie basse de leur anatomie ne m’enchante pas plus que ça.  C’est pas forcément ce que je trouve de plus élégant, ni de plus valorisant mais là n’est pas le fond du problème.(Je parle bien sûr de ce qui a été vulgarisé par les clips de rap. Là d’ou je suis originaire et plus largement en Afrique subsaharienne, on a toujours dansé avec le bassin et les fesses sans que cela ne revête une quelconque connotation licencieuse. Ce peut même être un vecteur de “libération du corps”).

Réécrire les choses d’une façon aussi grossière pour les attribuer à une idéologie dominante est profondément injuste (je pense notamment à cet article du Vogue Américain qui a fait scandale il y a peu). Parce que faire disparaître les gens parce qu’ils sont différents, ça devient un parti prit idéologique à la gloire du plus fort. C’est la marque de mépris ultime d’une société qui ne veut pas te voir, se refuse à te représenter mais se nourrit sans complexe de tes richesses. Un peu comme si demain Mireille Mathieu sortait un album en langue arabe et qu’on lui attribuait la maternité de toute la musique orientale. Si je vous parle de tout ça c’est parce que l’appropriation culturelle est intimement liée à ce phénomène d’invisibilisation. Un seul effet, différents moyens. Et cette impression permanente que les gens veulent toujours détourner les yeux du caca. « Ouais mais nooon c’est pas grave, c’est qu’un détail ». Bah si c’est grave. Ca sent pas bon, c’est moche, alors on a pas envie de mettre la tête dedans, certes. Mais nier aux minorités quelles qu’elles soient le droit d’exprimer leur ressenti face aux injustices qui les frappent l’est encore plus.

Cette impression que quels que soient tes aptitudes, tes talents, tes forces, ce qui t’anime, tu dois donner plus pour une reconnaissance moindre.

A titre d’anecdote, il m’est arrivé par le passé qu’on vienne me poser une question très précise sur un produit, sa provenance et tout le tintouin. Je réponds gentiment et par la suite, lorsque la personne publie un article basé sur les informations que JE lui ai données, non seulement elle ne revient pas me remercier, elle ne me cite pas, mais en plus elle reprend des éléments de mon texte sans me citer. La négation de cet échange initial, c’est la négation de ma personne. Alors même que cette personne passe son temps à mentionner Trucmuche et Bidulechouette pour un oui ou pour un non. Au bout d’un moment on va pas se tortiller pendant trois heures. Qu’est ce qui peut donc bien me différencier des autres à qui l’on accorde la grâce d’un merci..? Cela peut ressembler à des pinailleries égotiques et paranoïaques, mais lorsque certains comportements sont systématisés, ils se mettent à parler par eux même, et c’est un exemple parmi tant d’autres. Ce mépris résiduel, hérité d’une autre époque,  qui laisse à penser qu’avec les « gens comme ça » on peut se permettre. Les règles élémentaires de courtoisie ne s’appliquent plus. Au final, comme pour l’appropriation culturelle, se sont exactement les mêmes mécanismes. C’est le même racisme structurel, insidieux parfois inconscient qui sous-tend ce type de comportements. On s’abreuve en silence mais on ne veut pas te faire exister aux yeux du Monde, comme si tu n’en faisais pas partie. Cela pour la simple et unique raison que tu es différent. Cette impression d’être ET spolié ET invisibilisé. La double peine.

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Tonal

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Caban Comptoir des Cotonniers, collier Made, body via Wolford, “mom jeans” Levi’s, escarpins Jonak, vernis Avril n°86 “Fondue Au Chocolat”

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Oleaster

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J’avais un peu envie de tout tellement les modèles de cet hiver sont jolis, j’ai même pensé un temps à ce modèle pour homme en édition limitée Klingande X Faguo . Mais à la fin il ne devait en rester qu’une paire alors les voici. Les Oleaster ! S’il est encore besoin de la présenter, Faguo c’est une marque éco-responsable à l’engagement sociétal fort, crée en 2002 par deux jeunes étudiants revenus de Chine avec des rêves pleins la tête. Au coeur de leur démarche ? L’envie de proposer des modèles casual dans l’air du temps, tout en compensant leurs émissions carbones. Et ça passe par des initiatives simples mais efficaces. Chez Faguo, point de sweatshop bien sûr, mais des usines qui respectent le droit du travail,  pas de sur-emballages, et un transport en bateaux. Les chaussures sont conditionnées dans des boites toutes mimi en carton recyclé qu’on nous incite gentiment à réutiliser afin d’en faire de jolis rangements.  Et pour chaque paire de chaussure ou accessoire acheté, un arbre est planté en France. Silence, ça pousse ! _MG_4820_MG_4824(Je pense qu’on s’entend tous sur le fait que l’afro post shampoing n’est pas spécialement ce qui me sied le mieux. D’ici deux jours ils iront mieux.) _MG_4822_MG_4806_MG_4830

Veste Zara, robe American Apparel, sneakers Faguo

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